Les légendes citées dans ces mémoires CODEX ont été collectées principalement auprès des sages (et moins sages) anciens , saltimbanques, colporteurs et récits de tavernes. Il reste aisé de les ignorer ou de les railler mais ne vous méprenez pas, chaque histoire prend toujours racine dans un terreau de vérité. Même une bribe de ce savoir pourrait un jour vous êtes bien utile.

La Gorge d'Escogorat

Un très vieille légende circule dans certaines tavernes humaines prenant source plus certainement dans les vapeurs des alcools frelatés que sur des récits ou écrits documentés, celle du Gardien déchu Escogorat.

A l’ère du Connectum (1.000.000 années terriennes), les Pénopodes façonnaient et terraformaient les équilibres de cet Entre-Mondes. Certaines forces primitives furent découvertes et choisis pour protéger ce monde naissant.

Parmi elles se dressait Escogorat, un gardien élémentaire né de la pierre et des profondeurs minérales. Ce colosse, composé de roches et de strates anciennes compactées depuis les premières convulsions de la planète, possédait le pouvoir de faire, défaire et modeler à sa guise des sommets entiers. Durant de longues ères, son rôle fût de stabiliser « la pierre du monde » pour empêcher les montagnes de se fissurer sous les tensions tectoniques de cette jeune planète.

Mais les chroniques les plus anciennes parlent d’un jour où quelque chose changea. Des fractures apparurent sur son torse puis l’ensemble de son corps laissa s’échapper une énergie ancienne disloquant des pans entiers de montagnes s’effondrant dans les vallées.

Escogorat n’était plus un gardien, il devenait une force incontrôlable d’un chaos destructeur.

Le géant tenta alors de se dresser contre ses créateurs, les Pénopodes n’eurent donc d’autre choix que de l’anéantir brisant le corps du gardien en deux parties distinctes : Hautes Brumes dressées vers le ciel telles les épaules du colosse et Basses Brumes fracturées et semblables aux restes de son flanc. Il persista une immense entaille dans la roche que les peuples d’Elkaluun nommèrent la Gorge d’Escogorat.

Et quand certaines nuits, des brumes épaisses descendent des sommets mues par des vents contraires, certains voyageurs affirment entendre un grondement profond résonner dans la gorge.

La Légende du Lac Orphalyss

Situé à l’OUEST de la troisième grande cité Xénodienne Hémoïn, le lac fut baptisé en Orb 355 (1059 AT années terriennes) Orphalyss en mémoire du combat épique mené par cette magicienne Xénodienne. 

Lorsque Hémoïn fut construite, le « lac sans nom » représentait une réelle bénédiction naturelle. Il apportait l’abondance de ses eaux poissonneuses, la douceur paisible de ses eaux fraiches et limpides et la sécurité d’une barrière rassurante entre la cité et les possibles dangers des Contrées Sauvages. 

Mais cette quiétude fut de bien trop courte durée. Fruits de croisements hasardeux ou d’anciens vestiges de vie oubliées par les Pénopodes, ses eaux puresun jour, se souillèrent. Les profondeurs du lac devinrent le berceau de créatures spectrales affamées qui ne tardèrent pas à tarir les eaux de toutes formes de vie. De nombreux pêcheurs furent ensuite victimes de leur faim insatiable jusqu’à se jeter sur femmes et enfants Xénodiens s’aventurant sur les rives, semant désolation et effroi.

Face à ces menaces, une magicienne à la silhouette frêle car nourrie à la sève des anciens chênes de Sylvador, se déclara gardienne du chant sylvestre et fit le serment de repousser et vaincre ce mal. 

Les voiles de Luun se succédèrent alors qu’Orphalyss luttait, les pieds immergés dans les eaux sombres, forgeant des lianes comme autant de fouets, usant d’incantations pour lever des ronces plus acérées que l’acier et transperçant ces monstres de pieux de chênes naissant dans la vase. Mais le lac lui-même, corrompu par le mal incarné de ces créatures, s’insinua tel un poison sous sa peau rongeant sa chair et asséchant son âme.

Alors qu’Orphalyss perdait pied dans ce combat inégal, elle plongea jusqu’au cœur du lac et dans un dernier acte d’espoir marqué de sacrifice, elle supplia dans son ultime chant les anciens chênes de prendre sa vie.

De son corps jaillirent alors des troncs millénaires, de ses membres sortirent des racines gigantesques et son sang se mêla aux eaux donnant vie à une multitude de plantes aussi belles que fatales. Les créatures hurlèrent alors traversées par une cathédrale de végétations vengeresses aux branches nouées et indomptables.

Nul ne sait où repose le cœur d’Orphalyss mais pour qui sait écouter, son chant joue comme une brise légère dans les ramures. Il nous laisse à penser qu’elle veille encore sur Hémoïn.

Le Lac d'Orphalyss à l'Eveil des Flaménoles

La cité Xénodienne d'Hémoïn

La Légende de la forêt de Sylvador

Sylvador est la plus étendue et inquiétante forêt du Royaume Xénodien. Elle se situe au Nord d’Elkaluun entre le Lac des Larmes de Jian et la mer des Syllides.

En Orb 150 (1045 sur Terre), la capitale Xénodienne AFONIA ne pouvant plus accueillir de nouveaux habitants, le souverain Farhan l’Avisé envoya éclaireurs et colons vers l’OUEST à la recherche de nouvelles terres pour bâtir une seconde cité.  Après avoir découvert et franchi, non sans pertes, un grand lac (qui deviendra en Orb 250 Larme de JIAN), la longue caravane longea le grand fleuve menant à la Mer des Syllides. Autant les collines avoisinantes et les berges accueillantes semblaient le berceau rêvé pour construire les fondations d’un nouveau bourg, autant la proximité d’une immense et impénétrable forêt au Nord troublait. 

Nul de savait depuis combien d’âges elle se dressait, mais ses arbres gigantesques auraient pu témoigner de la naissance de ce monde lui-même. De leurs cimes effleurant les nuages à leurs racines plongeant si profondément dans le sol, les plus anciens conteurs suggéraient qu’ils tissaient par des tunnels secrets un royaume caché dans les profondeurs de la terre.

Les prémices de la légende prirent corps lorsque, pour construire leurs maisons, les premiers bucherons coupèrent avec le plus grand mal les arbres à l’orée de la forêt. Les lames des haches en fer se brisaient inexorablement après quelques tentatives. Les plus téméraires s’aventurèrent alors plus profondément à la recherche de bois malléables ou tout au moins « conciliants ». La plupart ne revit plus jamais leurs proches et trop peu retrouvèrent leur chemin, muets et fous, leurs âmes restant prisonnières des feuillages éternels.

Ainsi la légende qu’un esprit plus ancien veillait sur cette forêt prit pied dans les tavernes et les foyers : Sylvador et ses Gardes-Racines. Le seigneur des arbres protégeait ce qui dormait sous son ombre. Il ne tuait pas mais choisissait qui repartait ou qui oubliait le monde extérieur. Les grands arbres veillaient ainsi sur eux-mêmes, leurs mystères et peut-être quelques Sylphéons, esprits sylvestres aux formes changeantes dans des clairières oubliées.

Dans leur sagesse retrouvée, les Xénodiens de la nouvelle cité de TROPALIA réduisirent les coupes de bois à l’unique nécessité sur l’extérieur de la forêt, accompagnant chaque arbre déraciné par la plantation de cinq nouvelles pousses et des offrandes à Sylvador.

Quelque part dans Sylvador...

La carte d'Elkaluun
année 2020 - Orb. 6123
Carte réalisée de l'Entre-monde  par Vincent Delafontaine  - Cliquez pour agrandir

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